Le premier métier de Nicolas CANTELOUP est l'équitation qu'il pratique depuis son enfance, c'est manifestement aussi sa raison de vivre. Il évoque avec enthousiasme pour la Fondation Adrienne et Pierre SOMMER son expérience avec des personnes atteintes d’infirmité motrice cérébrale qu'il accueillait régulièrement dans le centre équestre dont il était responsable dans la région de Bordeaux.
La Fondation a pu le rencontrer et évoquer avec lui cette expérience qui l’a fortement et durablement marqué.
Nicolas CANTELOUP : Les personnes accueillies, devenues invalides le plus souvent à la suite d'un accident venaient une fois par semaine accompagnées de leurs éducateurs.
La plupart étaient en fauteuil, j'intervenais pendant ces séances, comme moniteur d'équitation pour assurer la sécurité des cavaliers et non comme éducateur. Les séances se passaient, bien sûr, tout tranquillement, avec les «pompons » du club, c'est à dire les chevaux les plus dociles.
Et, dans ces conditions singulières les personnes les plus invalides changent de statut.
Se retrouver sur un cheval, lorsque l'on est d'ordinaire dans un fauteuil, permet tout à coup de prendre de la hauteur, le corps n'est plus une entrave, on se déplace et en fonction du handicap, certains pouvaient même diriger leur monture. J'ai réalisé que c'était psychologiquement important pour eux, pour l'image qu'ils ont d'eux même et le renforcement de la confiance en leurs capacités.
Les cavaliers infirmes se retrouvent dans une situation inhabituelle, c'est à dire, obligés de contrôler leur corps afin de maintenir l'équilibre et la direction du cheval.
Il est aussi évident que le contact physique avec le cheval, leur apporte un réconfort, une chaleur que j'ai pu déceler dans l'impatience manifestée avant les séances.
Sur le plan physique, mécanique, l'apport de l'équitation se manifeste par la décontraction que nécessite la posture même du cavalier (genoux desserrés) qui induit le relâchement et l'ouverture, jugés bénéfiques par les médecins.
Le cavalier sollicite également les muscles du dos qui ne sont pas ou peu sollicités par les personnes en fauteuil.
J'ajoute et cela concerne tout aussi bien les cavaliers valides, que l'équitation implique de la concentration, pour assurer sa sécurité et donner les bonnes directives à son cheval.
Comme l'animal ne réagit pas forcément à l'ordre immédiat, il est nécessaire de s'adapter, de le comprendre et de s'y reprendre à plusieurs, fois, en dehors de toute notion de compétition.
Je sais que l'accueil de cavaliers handicapés moteurs cérébraux est difficile à développer dans les centres équestres classiques et je me rappelle que certains moniteurs n'étaient pas très à l'aise avec ces personnes invalides et pour cause, la plupart n'ayant jamais été formés à cette prise en charge.
Il faut, à mon sens, pour que ces initiatives se développent, que les centres équestres dédiés à l’accueil des personnes invalides moteurs cérébrales, soient dotés de moniteurs et d’éducateurs formés spécifiquement et d’appareils adaptés, notamment de palans, de leviers facilitant la montée sur le cheval.
C'est très certainement un chantier à ouvrir par la Fondation Adrienne et Pierre SOMMER.
La revue Rue 89 consacre un article sur le t�moignage d'un sans domicile accompagn� par son chien.
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